INTERVIEW de Véronique B. Jeandé

 

Bonjour Véronique

Le Chat a envie de vous connaître un peu plus ! êtes-vous prête à affronter sa curiosité ?

Aie… Voici donc venue l’heure de jouer au chat et à la souris… Qui suis-je ? Dans quel état j’erre ?

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je me présente. Je m’appelle Véronique.

 

Où êtes-vous né(e) ? Où avez-vous vécu ?

Je suis née, j’ai grandi et j’ai toujours vécu dans les Yvelines. Mais rassurez-vous, il m’est arrivé parfois de sortir du département.

 

Est-ce que vous pouvez me parler de votre enfance ? 

Petite dernière d’une fratrie de quatre enfants. J’ai plus souvent joué aux petites voitures et aux soldats avec mon frère qu’aux poupées. Et quand faire la guerre commençait à m’ennuyer, il suffisait de lever la tête pour me trouver en haut d’un arbre en train de dévorer un bouquin. La vue de là-haut est superbe ! Toutefois, les années passant, j’ai finalement eu envie de voir d’autres horizons. Alors je suis descendue de mon perchoir et j’ai commencé à voyager. En moto, dès que j’ai eu l’âge d’avoir le permis, puis mode routard, à pied avec le sac à dos au fur et à mesure que les destinations s’éloignaient. Mais toujours avec un stock de bouquins dans mon sac.

 

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ? 

Les chiens ne font pas des chats. Les livres ne manquaient pas à la maison.

 

Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescente ? Quels sont les auteurs que vous aimiez ?

Les contes du Chat perché, bien sûr, avant qu’il ne dégringole de son perchoir pour nager dans les polars… Comme beaucoup, j’ai découvert la bibliothèque rose, démarré la bibliothèque verte pour m’arrêter à la bibliothèque rouge. Je me suis laissée séduire ensuite par la Fantasy, j’ai suivi les pas de Bilbo le Hobbit, rencontré les Dragons de Pern. J’ai été anéantie en réalisant quels Ravages pouvaient résulter de la disparition soudaine de l’électricité, pour me réfugier ensuite dans la Nuit des temps. J’ai rêvé avec l’Odyssée de l’espace, avant qu’Apollo 13 ne me ramène miraculeusement sur terre. J’ai hésité à franchir la Ligne verte, frissonné en découvrant que les bouches d’égout pouvaient cacher d’horribles clowns, réalisé que le métier d’écrivain se révélait parfois terriblement dangereux. Et pour terminer, je suis tombée dans une marmite de thrillers. Autant dire que j’ai eu une jeunesse plutôt mouvementée.

 

Et maintenant ?

Je lis beaucoup moins. Mais j’ai quelques auteurs fétiches. Tous les romans de Ken Follett pavanent fièrement dans ma bibliothèque, en compagnie de Maxime Chattam. Les polars islandais de Arnaldur Indridason flirtent avec les livres de Michel Bussi. J’ai dévoré la trilogie de Stieg Larsson, sans oser pour le moment me lancer dans la suite. Je pourrais continuer longtemps sur le thème, mais vous risqueriez de vous endormir parce que ma bibliothèque est plutôt bien garnie.

J’apprécie également la découverte d’auteurs inconnus ou autoédités, surtout depuis que j’ai mis un pied dans le système. J’y prends parfois autant de plaisir que dans la lecture des grands noms du polar.

 

Et oui je veux tout savoir !

Ma maman me disait souvent quand j’étais petite que la curiosité était un vilain défaut. Je n’ai pas toujours écouté ce que disait ma maman. Visiblement, je ne suis pas la seule.

 

 

En dehors de votre activité d’écrivain, est-ce que vous avez un travail en plus de celui-ci ?

La vente de mes livres paye mon café, mon travail réel paye le reste du repas et le toit au-dessus de ma tête.

 

Quelle est votre profession ? Avez-vous eu d’autres activités professionnelles ?

Au départ, j’ai un BTS d’assistante de direction. À l’arrivée, je travaille pour diverses associations. Gestion administrative, organisation interne, sites internet… L’organisation d’événements, dîners, réunions, colloques occupe une grande partie de mon temps. Avec en prime la publication des travaux en résultant. Un travail qui me convient tout à fait, car je peux ainsi disposer d’une totale autonomie et d’une très grande liberté d’action. La finalité, c’est le résultat obtenu et la satisfaction de mes employeurs. J’ai la chance de travailler pour des personnes très sympathiques avec qui j’entretiens d’excellents rapports. Notre mode d’organisation repose sur la confiance et le respect mutuel. Je suis consciente que cela n’est pas donné à tout le monde.

 

Est-ce que l’emploi que vous occupez vous laisse du temps pour l’écriture ?

J’alterne des périodes raisonnablement calmes et d’autres qui le sont nettement moins. Mais en plus du travail, il faut gérer la vie familiale, personnelle, et trouver un juste équilibre n’est pas toujours évident. L’écriture peine à trouver sa place dans ce schéma.

 

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ?

À l’origine, j’écrivais la nuit. Lorsque la maison était endormie, que les dossiers étaient sagement rangés sur le bureau, que le téléphone oubliait jusqu’à mon existence, que plus personne ne cherchait à me vendre des fenêtres ou à me convaincre que j’étais l’heureuse gagnante d’un superbe voyage sur une île paradisiaque. Jusqu’au jour où j’ai eu une révélation : la nuit sert aussi à dormir. Depuis, j’ai plus de mal à caser cette activité et mes romans avancent nettement moins vite.

 

Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ? Si oui, pour quelle raison ?

Oui, car les journées ne font que 24 heures.

 

Trouvez-vous que vous manquez de temps pour écrire ?

Conclusion logique qui semble s’imposer.

 

Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?

Partout et nulle part. Du moment que j’ai mon ordinateur, car j’ai un peu de mal à comprendre le mode de fonctionnement d’un stylo.

 

Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

Je ne sais pas trop… Peut-être devriez-vous poser la question à mon mari ?

 

Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

Je me suis assise devant mon ordinateur et j’ai commencé à taper sur mon clavier.

 

Qu’est-ce que vous avez commencé par écrire ?

Le chapitre 30 du Cercle Manteia. Eh oui, dans ma vie professionnelle, je suis quelqu’un de très méthodique, très organisée et très rigoureuse. Mais dans l’écriture… J’aime passer d’un personnage à l’autre, au gré de mon humeur et de mes envies. Après, je rassemble tous ces éléments comme on construit un puzzle géant.

 

Quand ? Pourquoi ?

Un jour où j’avais sûrement besoin de faire du ménage. Lorsque mon cerveau est en ébullition, le seul moyen que j’ai trouvé pour remettre un peu d’ordre dans ma tête, c’est d’écrire. Tant que je n’ai pas posé tout ça sur le papier, les idées continueront à me poursuivre, jusqu’à devenir parfois franchement envahissantes.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Sûrement le fait que je n’aime pas parler.

 

Faisiez-vous lire ce que vous écriviez ?

Jamais un roman en cours d’écriture. À ce stade, il est à moi, rien qu’à moi ! Bon, j’admets, je suis un peu perso sur ce coup-là.

 

Si oui, à qui ?

Lorsque l’histoire est bouclée, je fais relire mon manuscrit par un certain nombre de personnes. Au départ, il s’agissait de proches, puis le cercle des « correcteurs » s’est agrandi. Des lecteurs du premier livre qui se sont proposés, certains même que je n’ai jamais rencontrés dans la vie réelle. Leurs retours me permettent de prendre du recul et d’affiner mon projet.

 

Quels étaient les avis que vous récoltiez ? Avez-vous été encouragée, découragée ? Par qui ?

Encouragée, sinon je ne serais pas ici. Lorsqu’il s’agit de proches, vous remettez toujours en question leur objectivité. Mais quand les retours commencent à provenir de personnes que vous ne connaissez pas, vous vous sentez quelque peu rassurée.

 

Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ?

Un temps certain.

 

Est-ce que quand vous l’écriviez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ?

Ma tête foisonnait d’idées, mais celle-là n’en faisait pas partie.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ?

Pourquoi pas ?

 

Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ?

Clairement, il s’agit d’une étape importante. Vous acceptez enfin de partager avec autrui une histoire que vous avez écrite en mode solitaire, qui n’appartenait qu’à vous jusqu’à présent. Avec tous les risques qui en découlent, car vous êtes bien conscient qu’elle ne pourra pas plaire à tout le monde.

 

Nécessaire ? Ou pas ?

À ce stade, c’est une décision très personnelle de l’auteur. Il faut être prêt, en avoir envie. Personnellement, tout s’est fait progressivement et en douceur, un cheminement logique. Je ne regrette pas cette décision qui m’a permis de faire de belles rencontres.

 

 

Quand avez-vous publié votre premier livre ? Quel était le mode d’édition ?

J’ai signé un contrat avec les Éditions Nouvelles Plumes en janvier 2014 pour le Cercle Manteia. Il est sorti chez France Loisirs en juin 2014. J’ai finalement décidé de mettre un terme à ce contrat en mai 2015. Je me suis simplement rendu compte que ça n’allait pas être possible, que nous n’étions pas faits pour travailler ensemble. Le divorce a été quelque peu conflictuel, mais les choses sont, à peu de chose près, rentrées dans l’ordre. Depuis cette date, je me suis lancée dans l’autoédition.

 

Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

C’est toujours un grand moment de voir un manuscrit gribouillé se transformer en un véritable livre.

 

Qui a décidé de la présentation du livre sur les pages de couverture ?

Chez Nouvelles Plumes, c’était une prérogative réservée à l’éditeur. J’ai découvert le livre et la couverture en allant en acheter un exemplaire en boutique.

Pour ce qui est de l’autoédition, c’est moi, bien évidemment. Les couvertures sont sans doute moins commerciales, mais elles sont beaucoup plus personnelles. D’une part car il s’agit de photos prises par mon mari (que je remercie au passage), où apparaît parfois mon fils (merci mon fils !). Ensuite parce qu’elles sont en parfaite adéquation avec le monde que j’imagine.

 

Avez-vous participé à des concours littéraires ? Avez-vous reçu des prix ? Comment la participation se déroulait-elle ?

Heu… Non… Une autre question ?

 

 

À partir du moment où vous avez publié votre premier ouvrage, vous a-t-il été plus facile de publier ensuite ?

Pas vraiment. Chat échaudé craint l’eau froide.

 

 

Pour ceux et celles qui ont fait l’expérience de l’auto-édition : comment avez-vous diffusé l’ouvrage ? Où l’avez-vous diffusé ?

Le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux, quelques dépôts-ventes dans des endroits que je connais. Ce n’est pas réellement suffisant, mais la communication et la promotion sont des activités à part entière. Le dilemme est donc : soit je passe le peu de temps que j’ai à faire de la promotion, soit je le passe à écrire. Alors…

 

Pourquoi avez-vous publié en auto-édition ?

À l’origine ? Parce que mon imprimante avait décidé qu’imprimer des manuscrits à tour de bras, ce n’était pas une vie. Paix à son âme. Il fallait bien que je trouve une autre solution. C’est comme ça que j’ai commencé à faire imprimer mes livres, mais je ne les vendais alors qu’à mon entourage.

 

Où peut-on trouver vos livres ? Vos livres se trouvent-ils en librairie et savez-vous lesquelles ?

Sur Amazon pour ce qui concerne Le Cercle Manteia en version e-book. Auprès de moi pour les autres tomes et les versions imprimées : http://jeandeveronique.wixsite.com/veronique-jeande

 

À combien d’exemplaires vos livres ont-ils été tirés ? Certains ont-ils été réédités ?

Combien d’exemplaires ? Là, je donne ma langue au chat…

Chez Nouvelles Plumes, le premier tirage du Cercle Manteia a été de 6.000 exemplaires. Une version qui m’a laissé un goût un peu amer, car elle n’avait malheureusement pas mon accord. Un second tirage a été fait, plusieurs mois plus tard, avec la version validée cette fois. Mais je n’ai jamais su le nombre exact d’exemplaires qui avaient été imprimés au total.

Pour ce qui est de l’autoédition, le principe est complètement différent. Je les fais imprimer en petites quantités afin de limiter la mise de fonds, puis je réajuste les stocks quand cela s’avère nécessaire. Pour savoir combien j’en ai fait imprimer, il faudrait que je ressorte les factures. Mais là, j’ai un peu la flemme… Vous ne m’en voulez pas ?

 

Pouvez-vous me parler en quelques mots de vos livres ? Est-ce qu’ils sont d’un genre particulier ? Pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire ? Des personnages ? Est-ce que ça se passe à une époque et dans un lieu particulier ?

 

Mes livres sont des romans psychologiques, plutôt orientés thrillers, qui aiment se promener aux frontières de l’ésotérisme, du fantastique, avec parfois même une touche d’historique. Chaque roman évoque un thème en particulier, que je cherche à aborder par le biais de plusieurs personnages aux opinions diamétralement opposées. J’aime pousser ces raisonnements dans les extrêmes.

 

Le Cercle Manteia se déroule dans le domaine sectaire. Pourquoi rejoint-on une secte ? Qu’est-ce qui peut motiver un personnage si charismatique à manipuler son entourage, en perdant parfois toute humanité ?

 

La couleur du deux traite de la différence. Il n’est pas toujours facile de trouver sa place dans le monde, lorsqu’on n’a pas tiré les bonnes cartes au loto de la vie.

 

La cinquième clé porte un regard parfois sévère sur le monde qui nous entoure. Une triste réalité qui a fait naître un rêve, celui de rendre ce monde un peu meilleur. Mais pour ceux qui vont s’engager sur cette voie, la réalité va bientôt refaire surface. Il y a toujours un prix à payer.

 

Quant à Borderline, il s’interroge sur les progrès de la science. Quelle place laisser à l’éthique dans les avancées de la médecine ?

 

On retrouvera toujours certains personnages d’un tome à l’autre, mais j’ai fait en sorte que les histoires soient suffisamment autonomes pour qu’elles puissent être lues sans forcément respecter l’ordre.

 

Est-ce que vous avez écrit ce livre pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?

Si on résume… Je n’ai jamais fait partie d’une secte. Je n’ai jamais connu d’expérience de mort imminente. Je ne suis pas un hacker. Je n’ai pas d’enfant autiste. Je n’ai aucun secret à protéger. Je n’ai pas de clone, à ma connaissance (bien que parfois je me dis que ça pourrait être fort utile !). Donc, non, je ne dirais pas qu’il s’agit d’un témoignage. J’ai écrit sur des sujets qui m’intéressent, tout simplement.

 

Vous serez présente au Rencontres Littéraires « Les Polars du Chat » le 8 et 9 juillet au Creusot, Pouvez-vous me dire ce que vous attendez de ces rencontres ?

Je me rappelle le premier post de Patricia lorsqu’elle a imaginé ces rencontres. J’ai immédiatement été séduite par le concept, plus original et plus convivial que les salons traditionnels. Pour quelqu’un comme moi qui n’était pas une grande adepte des salons, cela me semblait un beau projet. Des contraintes d’agenda ne m’ont pas permis de participer à ces premières rencontres, mais j’ai fait en sorte que cela soit possible cette année. Alors ce que j’en attends… Des rencontres, bien sûr, littéraires, sans doute, mais chaleureuses surtout.

 

Si vous aviez quelques mots à dire aux lecteurs, pour qu’ils viennent vous rencontrer au Salon ?

Courage… Ce n’est pas parce que certains de mes personnages sont vraiment tordus que je le suis également. Vous verrez, je peux même être très sage !

 

Merci infiniment d’avoir répondu à la curiosité du Chat !

De rien, ce fut un plaisir.

 

Je vous dis à très bientôt les 8 et 9 juillet au Creusot !

Vaux sur seine, J-18. Tic tac, tic tac…

A très bientôt !

 

 



Ajouté le 20/06/2017 par Le Chat - 0 réaction INTERVIEW

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