INTERVIEW de Laurent Malot

 

Bonjour Laurent

Le Chat a envie de vous connaître un peu plus ! êtes-vous prêt à affronter sa curiosité ?

 

Pouvez-vous vous présenter ? Où êtes-vous né(e) ? Où avez-vous vécu ?

Est-ce que vous pouvez me parler de votre enfance ? (Les parents, les frères et sœurs…)

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ? Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent(e) ? Quels sont les auteurs que vous aimiez ? Et maintenant ?

Et oui je veux tout savoir !

 

Bonjour. Je suis né en Essonne et j’y suis toujours, mais plus bas, presque à la campagne. Je suis fils unique, mais élevé dans une cité ; autant dire que j’avais des tas de frères et sœurs. Mes parents ont toujours beaucoup lu. Mon père était prof de français, mais ne m’a jamais forcé à lire des classiques. J’ai eu le droit de lire toutes les BD que je voulais. Ça ne m’a jamais quitté, mais j’ai ensuite lu des romans. Pagnol, André Dhôtel, Patrick Cauvin. Jusqu’au lycée où j’ai été dégouté de la lecture par des œuvres indigestes, des choses que je ne comprenais pas parce que j’étais sûrement trop jeune. J’ai repris après le bac et découvert Céline, Cavanna, Moravia, Sagan, le théâtre de Sartre, Tennessee Williams, mais aussi La Jungle d’Upton Sainclair, Le bal des maudits d’Irwin Shaw, le Tunnel d’André Lacaze. Plus tard, j’ai enchaîné les  Harry Potter, mais aussi tous les Michael Connelly, et bien d’autres, de façon éclectique. Je me suis aussi farci Flaubert, Dostoïevski, Shakespeare, Molière et même Nietzsche, que j’ai lu sans rien comprendre du début à la fin, une prouesse quand on sait qu’il y a plus de 400 pages.

 


En dehors de votre activité d’écrivain, est-ce que vous avez un travail en plus de celui-ci ? Quelle est votre profession ? Avez-vous eu d’autres activités professionnelles ?

Est-ce que l’emploi que vous occupez vous laisse du temps pour l’écriture ?

 

Il y a encore un an, j’étais prof de tennis. Mais je suis trop vieux pour ces choses-là. Maintenant, je ne fais plus qu’écrire. Pendant 15 ans, j’ai écrit des fictions pour France-Inter, polars et comédies. C’était génial, j’y ai rencontré beaucoup de comédiens de théâtre, mais aussi Patrick Liegibel, un producteur génial. C’est lui qui m’a fait signer mon premier contrat professionnel d’auteur.

 


Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ? Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ? Si oui, pour quelle raison ? Trouvez-vous que vous manquez de temps pour écrire ? Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?

Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

 

Aujourd’hui, j’écris quand mes enfants sont à l’école, c’est plus calme. Tous les jours sans savoir exactement combien de temps. Disons que j’écris deux romans par an environ. Je ne peux pas me passer d’écrire très longtemps, pas plus d’un mois.

 

 

Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

Qu’est-ce que vous avez commencé par écrire ? Quand ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Faisiez-vous lire ce que vous écriviez ? Si oui, à qui ? Quels étaient les avis que vous récoltiez ? Avez-vous été encouragé, découragé ? Par qui ?

 

J’ai commencé à écrire vers 18 ans, une moitié de roman. J’ai repris après le bac, j’ai fait la deuxième moitié. Jusqu’à 25 ans, j’ai écrit 3 romans, 3 pièces et 3 scénarios de longs métrages. Aucun n’a abouti, mais on m’a conseillé de poursuivre. J’ai eu envie, non pas d’écrire, mais de raconter des histoires, vers l’âge de 14 ans. Je venais de voir « E.T. » et « Les aventuriers de l’Arche perdue » coup sur coup. Je voulais être scénariste pour Spielberg. Je ne désespère pas. Des amies ont lu ce que je faisais dès la première ligne, elles croyaient en moi. Ma mère aussi. Mon père a attendu un peu, je crois qu’il avait peur que ce ne soit pas bon. Aujourd’hui, il est mon correcteur attitré et est le premier à lire. D’autres m’ont encouragé, notamment une productrice de cinéma, une agent de théâtre et quelques autres.


Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ? Est-ce que quand vous l’écriviez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ? Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

 

Mon premier roman, j’étais sûr de le faire publier. J’ai attendu 20 ans avant de voir mon nom sur un livre, et ce n’étais pas celui-là. Bien sûr, c’est important. D’abord pour soi, pour se convaincre qu’on est fait pour ça, parce qu’on doute toujours. Ensuite pour partager avec les lecteurs.

 

 

Quand avez-vous publié votre premier livre ? Quel était le mode d’édition ? Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

 

J’ai eu de la chance d’être publié chez de grands éditeurs. D’abord Robert Laffont pour « De la part d’Hannah », ensuite Bragelonne pour « L’abbaye blanche », puis Albin Michel pour « Lucky Losers ». Grande joie évidemment, à chaque une récompense.

 

 

Qui a décidé de la présentation du livre sur les pages de couverture ?

 

Les éditeurs ont choisi la couv., sauf pour « Lucky Losers » où j’ai été consulté. 

 

Avez-vous participé à des concours littéraires ? Avez-vous reçu des prix ? Comment la participation se déroulait-elle ?

 

Je n’ai participé qu’à un concours de nouvelles. Dans le jury, il y avait Patrick Liegibel, qui avait adoré et m’a ensuite proposé d’écrire des fictions pour France-Inter.

 

À partir du moment où vous avez publié votre premier ouvrage, vous a-t-il été plus facile de publier ensuite ?

 

Les portes s’ouvrent plus facilement, mais pas forcément pour être publié. C’est plus simple d’être lu, de proposer un texte, d’avoir une réponse en direct. Disons qu’on perd moins de temps.


Où peut-on trouver vos livres ? Vos livres se trouvent-ils en librairie et savez-vous lesquelles ? À combien d’exemplaires vos livres ont-ils été tirés ? Certains ont-ils été réédités ?

 

Mes trois romans se trouvent en librairie, dans les Fnac, Cultura… Ils ont été tirés entre 2 000 et 7 000 exemplaires.

 

Pouvez-vous me parler en quelques mots de vos livres ? Est-ce qu’ils sont d’un genre particulier ? Pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire ? Des personnages ? Est-ce que ça se passe à une époque et dans un lieu particulier ?

« De la part d’Hannah » est un roman initiatique, l’histoire d’une enfant de 11 ans à la recherche de son identité, mais aussi de sa mère qu’elle n’a pas connu. Cela se passe en Dordogne en 1961. C’est drôle et touchant à la fois.

« L’abbaye blanche » est un polar contemporain sur la manipulation, le scandale politique, des choses pas très loin de nous, on dirait.

« Lucky Losers » est une comédie sociale à l’anglaise, comme Billy Eliott, The Full Monty… Cela se passe à Douarnenez et parle de la lutte des classes. Plutôt drôle, et coup de cœur de beaucoup de libraires. Tant mieux. Je vais d’ailleurs en écrire le scénario puisqu’une productrice vient d’en acheter les droits.

 

Est-ce que vous avez écrit ce livre pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?

En général, même si j’écris des fictions, il y a toujours une dimension sociale ou politique dans mes romans ou mes pièces. J’ai écrit notamment une pièce sur Octobre 61, un épisode tragique assez méconnu dans l’Histoire de France, un massacre qu’on n’est pas prêt de voir puni. J’ai aussi écrit un scénario qui se passe en 44 et qui raconte la guerre non officielle.

 

Vous serez présent au Rencontres Littéraires « Les Polars du Chat » le 8 et 9 juillet au Creusot, Pouvez-vous me dire ce que vous attendez de ces rencontres ?

J’adore rencontrer des lecteurs, présenter mes histoires, échanger des points de vue. C’est toujours très riche. Même chose avec les auteurs. C’est généralement un très bon moment, une parenthèse enchantée avant de se remettre au travail.

 

Si vous aviez quelques mots à dire aux lecteurs, pour qu’ils viennent vous rencontrer au Salon ?

Je crois qu’entre lecteurs et auteurs existe une mince paroi invisible qui empêche parfois le contact de se faire. Mais je sais que cette paroi est extrêmement fine et qu’elle n’est faite que de timidité de part et d’autre. Faisons tous un effort pour briser la glace et échangeons pendant ces deux jours !

 

Merci infiniment Laurent d’avoir répondu à la curiosité du Chat ! Je vous dis à très bientôt les 8 et 9 juillet au Creusot !

 

 



Ajouté le 21/06/2017 par Le Chat - 0 réaction INTERVIEW

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