INTERVIEW de Gilles Caillot

 

Bonjour Gilles

Le Chat a envie de vous connaître un peu plus ! êtes-vous prêt à affronter sa curiosité ?

Pouvez-vous vous présenter ? Où êtes-vous né ? Où avez-vous vécu ?

Est-ce que vous pouvez me parler de votre enfance ? (Les parents, les frères et sœurs…)

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ? Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? Quels sont les auteurs que vous aimiez ? Et maintenant ?

Et oui je veux tout savoir !

 

;) Le chat est curieux… Et la curiosité est un vilain défaut et elle est parfois très dangereuse car menant à des situations délicates…

D’ailleurs, le chat est la plupart du temps l’animal qui « finit mal » dans des thrillers que ce soit livre ou film. Éventré, cloué sur une porte, dépecé… voir cuit dans un micro-ondes ou réduit en poudre pour servir de condiment pour relever les plats. Enfin bref ! Le chat est sur le fil et va devoir faire preuve d’attention.

Pour ce qui est de moi : j’ai atteint l’âge de raison même si je n’ai pas, parfois, toute ma raison (lorsque je divague dans le cadre d’un de mes romans), père de six enfants (Trois gars et trois filles). Je bosse dans une ESN Française comme Consultant et Directeur de programme dans le cadre de la transformation des Systèmes d’informations pour des grands clients de la banque, du transport, de l’énergie, de la grande distribution…

Je suis né à Sainte-Foy-Lès-Lyon et ai vécu une grande partie de mon enfance et adolescence à Écully. Donc Lyonnais pur souche.

Mon père était prof de gym, donc rapidement, très sportif… Course à pied, foot, basket, tennis,… Bon élève à l’école. Toujours parmi les premiers (souvent 1er d’ailleurs). Très matheux mais par contre, peu intéressé par le français, ni l’orthographe.

Enfance plutôt heureuse. Enfant plutôt calme, un peu solitaire mais pas de conneries majeures.

La lecture n’était pas vraiment un des piliers de la maison. Mon père lisait un peu. De mon côté, ça ne m’intéressait pas. J’étais plutôt dans la création sous toutes ses formes et le sport. Un peu de BD mais finalement assez peu. L’intérêt pour la lecture m’est venu beaucoup plus tardivement. Jeune adulte.

J’ai commencé par du King. C’était le seul auteur que je lisais. Un peu plus tard, je me suis mis à écrire quelques nouvelles d’horreur à 20 – 25 ans, histoire de m’amuser et puis il y a eu la rencontre littéraire avec Maxime Chattam. Et là… ce fut l’électrochoc !

Aujourd’hui, j’apprécie les univers de Claire Favan (pour son côté tordu), Karine Giebel (pour sa façon si particulière de décortiquer les psychologies), Barbara Abel (pour ses drames familiaux particulièrement machiavéliques), Maxime Chattam (pour son univers noir et sanglant, surtout de la première heure), Franck Thilliez (pour ses thrillers scientifiques, toujours très élaborés) et l’ami Patrick Sénécal (qui finalement me ressemble beaucoup dans le sens où il cherche à décortiquer l’âme humaine toujours plus profondément).

 


En dehors de votre activité d’écrivain, est-ce que vous avez un travail en plus de celui-ci ? Quelle est votre profession ? Avez-vous eu d’autres activités professionnelles ?

Est-ce que l’emploi que vous occupez vous laisse du temps pour l’écriture ?

 

J’ai malheureusement un travail. Enfin, heureux quand même de l’avoir afin de subvenir à mes besoins et ceux de ma grande famille ;) Car, le chat doit le savoir, l’auteur est le parent pauvre de la chaine impitoyable du livre même si le modèle est en train de changer à vitesse grand V avec Amazon et autres ESN numériques.

Je suis comme je l’ai indiqué plus haut, Directeur de Programmes et ai à ce titre de lourdes responsabilités. Ainsi, j’ai largement oublié les 35 heures et passe une grande partie de mon temps à travailler. Donc, pour répondre à la question : « Est-ce que l’emploi que vous occupez vous laisse du temps pour l’écriture ? », je répondrai : non et c’est une grosse frustration. J’essaie d’écrire mais c’est au détriment de mes proches. 

 


Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ? Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ? Si oui, pour quelle raison ? Trouvez-vous que vous manquez de temps pour écrire ? Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?

Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

 

J’écris dès que je le peux et lorsque j’ai l’énergie pour le faire (ce qui, en ce moment, est particulièrement difficile).

J’aime bien en général écrire tous les jours afin de ne pas perdre le fil et éviter d’avoir à relire les chapitres précédents afin de me remettre dans l’histoire mais c’est de plus en plus rare… Donc, je passe mon temps à relire ce que j’ai déjà écrit. Grosse frustration !!!

Même s’il m’est arrivé d’écrire dans le train lors de mes déplacements professionnels, j’écris la plupart du temps chez moi. Partout. Salon, Chambre, Toilettes (Oui, ça m’est déjà arrivé ;))

Quand j’écris, je suis dans l’histoire. Plongé dans la scène. Imbibé jusqu’à la moelle. Je vis souvent la scène (visuellement et olfactivement).


Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

Qu’est-ce que vous avez commencé par écrire ? Quand ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Faisiez-vous lire ce que vous écriviez ? Si oui, à qui ? Quels étaient les avis que vous récoltiez ? Avez-vous été encouragé, découragé ? Par qui ?

 

J’ai commencé à écrire quelques nouvelles d’horreur. Je ne sais pas pourquoi je me suis lancé là-dedans (n’étant absolument pas littéraire) mais visiblement, ça me titillait. J’ai trouvé l’expérience sympathique mais je me suis arrêté rapidement du fait d’une vie professionnelle mouvementée. Elle a totalement éclipsé cette envie d’écrire pendant plusieurs années avant que le démon ne ressurgisse.

Comme je l’ai dit plus haut, c’est Maxime Chattam qui a réveillé le feu qui couvait. J’avais retrouvé dans son univers, le mien. Celui qui provoquait cette excitation presque incontrôlable.

Suite à la lecture de la trilogie de Max, je me suis imposé un défi : l’écriture d’un roman. L’ange du mal. Concentré d’horreur pure et installation du personnage de Massimo Zanetti, mon héros récurrent. L’écriture a été jouissive et addictive. 700000 signes écrits en l’espace de 4 mois. Dingue ! Même si le roman était loin d’être parfait, j’avais pris un pied total.

Suite à cette écriture, je l’ai fait lire à mes proches qui, même si le roman était assez horrible, avait plutôt bien aimé. J’ai donc envoyé le texte à deux petits éditeurs, histoire de voir.

Un mois plus tard, j’avais deux contrats dans la boite aux lettres !

L’écriture est un plaisir solitaire. On pourrait presque la comparer à une masturbation cérébrosexuelle. Donc l’entourage n’est pas très enclin à vous soutenir. D’autant plus que les moments volés à l’entourage proche alourdissent la dette.

Donc la motivation, il faut la puiser au fond de soi et ne pas attendre une reconnaissance.

Bien sûr, c’est totalement schizophrénique puisque justement, le moteur est la reconnaissance…

 


Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ? Est-ce que quand vous l’écriviez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ? Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

 

Comme je l’ai dit, très peu de temps. J’étais loin de penser que mon histoire allait intéresser un éditeur. Je l’avais écrit pour moi à la base et non dans l’espoir de le faire éditer.

Mais finalement, on me donnait la chance de le faire lire à des lecteurs. C’était plutôt jouissif. Une forme de reconnaissance du travail accompli. Car écrire un roman c’est du plaisir mais c’est aussi un vrai boulot de taré !

Publier un livre est important car il apporte une reconnaissance publique qui devient un moteur essentiel pour continuer d’écrire.

 

Quand avez-vous publié votre premier livre ? Quel était le mode d’édition (éditeur et lequel, ou autoédition) ? Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

 

Mon premier roman est sorti chez un petit éditeur. Editions du Polar. J’étais très fier et hyper excité ! ;)

 

Qui a décidé de la présentation du livre sur les pages de couverture ?

 

Concertation. Choix conjoint avec l’éditeur. J’avais fait part de mes envies, il m’a fait des propositions.

 


Avez-vous participé à des concours littéraires ? Avez-vous reçu des prix ? Comment la participation se déroulait-elle ?

 

Plusieurs de mes romans ont été primés.

« Lignes de sang » tout d’abord : Prix intramuros à Cognac. Prix formidable que je rêvais de gagner. Sélection préalable réalisée par le jury du festival de Cognac puis vote final par soixante détenus répartis dans quatre établissements pénitentiaires. Un prix plutôt couillu ;)

« L’apparence de la chair » a été sélectionné pour le prix francophone de Cognac et a terminé juste derrière « Juste une ombre » de Karine Giebel. Il a également remporté le prix « Sélection Française » des Balais d’or.

La couleur des âmes mortes a gagné le prix : « Les petits mots des libraires en 2016 »

 


À partir du moment où vous avez publié votre premier ouvrage, vous a-t-il été plus facile de publier ensuite ?

 

Oui. Pour le 2eme et Troisième, ça s’est fait très facilement. L’éditeur avait les retours des ventes et de fait, était confiant sur le retour sur investissement.

Après voulant changer de braquet, cela a été plus compliqué.


Pour ceux et celles qui ont fait l’expérience de l’auto-édition : comment avez-vous diffusé l’ouvrage ? Où l’avez-vous diffusé ? Pourquoi avez-vous publié en auto-édition ?

 

Pas d’autoédition à proprement parlé. Juste une réédition de mes premiers bouquins qui n’étaient plus distribués (j’avais repris mes droits).

Diffusion très limitée volontairement sous la forme d’édition collector pour en faire des produits rares et convoités.

Aucune envie actuelle d’en faire des produits mass-market.

 

Où peut-on trouver vos livres ? Vos livres se trouvent-ils en librairie et savez-vous lesquelles ? À combien d’exemplaires vos livres ont-ils été tirés ? Certains ont-ils été réédités ?

 

La quadrilogie Zanetti n’est pas trouvable dans le commerce.

Il faut montrer patte blanche pour se la procurer. D’ailleurs, les séries possédées par les lecteurs ne viennent pas inonder le marché de l’occasion. Elles trônent fièrement dans leurs bibliothèques.

Pour le reste, les livres ont été présents en librairies et le sont toujours sur les sites de commerce électronique.

L’apparence de la chair est celui qui a été le plus largement distribué et vendu.

Lignes de sang doit ressortir en novembre en poche chez Toucan Editions (avec une nouvelle couv et tout et tout ;)).

La couleur des âmes mortes a subi de plein fouet la déroute du distributeur De Borée (mis en liquidation) et a malheureusement été laissé pour compte. Privé des tables, séjour prolongé dans les cartons, ventes ne donnant pas lieu à paiement des droits d’auteurs car le distri devait payer le fisc… Bref ! Fiasco complet sur ce titre. J’espère que son heure reviendra (ce dont je ne doute pas) car ce livre le mérite.

 

Pouvez-vous me parler en quelques mots de vos livres ? Est-ce qu’ils sont d’un genre particulier ? Pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire ? Des personnages ? Est-ce que ça se passe à une époque et dans un lieu particulier ?

 

Quelle question bizarre, le chat… ? Tu veux que je te parle de mon univers ? De mon genre ? Pourtant, tu le connais… Mais je peux te faire un cours de rattrapage ;)

Noir. Noir… Plutôt noir comme un café sans sucre.

Selon les romans, thriller plutôt violent et addictif ou tourné vers le psychologique mais toujours avec une ligne directrice, un trait commun, celui de l’Homme. De la noirceur de son âme et des abjections qu’il est capable de commettre.

Pour ce qui est de l’époque, c’est du contemporain mais pour les lieux, c’est toujours Lyon et ses environs. J’attache une grande importance à situer mes romans dans des lieux que je connais réellement car pour écrire, il faut s’imprégner. La lumière, les odeurs, l’atmosphère, les gens… Bref, écrire avec Googlemaps comme support ne m’intéresse pas. Les émotions que l’on délivre doivent être vraies, crédibles, réelles.

 

Est-ce que vous avez écrit ce livre pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?

 

Le premier : L’ange du mal : Les femmes enceintes ;)

Non, en fait, aucune idée préconçue. L’histoire est venue à moi et la frénésie d’écriture a fait le reste.

 

Vous serez présent au Rencontres Littéraires « Les Polars du Chat » le 8 et 9 juillet au Creusot, Pouvez-vous me dire ce que vous attendez de ces rencontres ?

 

Oui ! Doublement oui ! Je serai présent. Un parce que J’adore Patricia. Et deux, parce que plein de lecteurs, auteurs, amis seront présents dans ce salon hors norme.

Ce que j’en attends : du plaisir. Du plaisir… et… du plaisir. Ah si, je crois ne pas avoir assez insisté : Du PLAISIR !

 

Merci infiniment Gilles d’avoir répondu à la curiosité du Chat !

Le Chat est très touché et ému par vos confidences même si vous l’imaginez réduit en poudre pour agrémenter vos plats ;-)

Je vous dis à très bientôt les 8 et 9 juillet au Creusot !

 



Ajouté le 23/06/2017 par Le Chat - 0 réaction INTERVIEW

Réagir


CAPTCHA