INTERVIEW de Laurent Loison

 

Bonjour Laurent,

 

Le Chat a envie de vous connaître un peu plus ! êtes-vous prêt à affronter sa curiosité ?

Pouvez-vous vous présenter ? Où êtes-vous né ? Où avez-vous vécu ?

Est-ce que vous pouvez me parler de votre enfance ? (Les parents, les frères et sœurs…)

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ? Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent? Quels sont les auteurs que vous aimiez ? Et maintenant ?

Et oui je veux tout savoir !

 

Je suis un fils de paysan, comme on disait avant. Avec une vie rythmée par le temps et non pas la frénésie des réseaux sociaux. Je ne les critique pas, ces technologies. Je fais le simple constat de l’accélération de la vie. Je suis le benjamin d’une fratrie de quatre. En revanche, je suis arrivé avec un peu de retard. Et j’ai donc une grande différence d’âge avec mes ainés. L’un d’entre eux est resté jusqu’à mes treize ans, les autres étaient partis de la maison avant. C’est donc avec une forme ambiguë d’enfant gâté presque unique que j’ai été élevé. Dans une famille ou l’amour ne se dit pas mais se pratique. Où les gestes et les attentions comptent plus que les grandes paroles. En d’autres termes, j’ai eu énormément de chance. Mes parents travaillaient sans relâche. 35 heures. En deux jours. Oui. Quand je dis cela, je me demande comment ils ont pu faire. Mais le plus important, c’est qu’à leur grand âge aujourd’hui, ils me confirment systématiquement que si c’était à refaire, ils ne changeraient rien. Comme quoi ce ne sont pas les heures de travail qui rendent heureux ou malheureux, mais ce qu’on en fait. J’ai donc été élevé dans la culture du travail et de l’amour de ses proches. Et rien n’égale ces deux valeurs. Mes parents étaient conscients de l’importance de l’éducation et malgré nos faibles ressources, un poste était ouvert, celui de l’achat de livres. J’ai donc pu lire des bibliothèques vertes entre autres. Des tonnes. Michel, Langelot, le clan des sept, etc…Ensuite j’ai basculé vers le 9ème art. Et là aussi, j’ai dévoré. Avec ma BD préférée : les 7 vies de l’épervier de Cothias et Julliard. Plus tard, ce fut le King.

 

En dehors de votre activité d’écrivain, est-ce que vous avez un travail en plus de celui-ci ? Quelle est votre profession ? Avez-vous eu d’autres activités professionnelles ?

Est-ce que l’emploi que vous occupez vous laisse du temps pour l’écriture ?

 

Comme vous le savez sûrement, très peu d’auteurs vivent de leur plume. Voici d’ailleurs quelques chiffres. Sur 150.000 auteurs affiliés aux Agessa, seuls 2% en vivent. C’est-à-dire 3000. ET cela ne fait pas d’eux des millionnaires. L’écriture n’est qu’une passion. Il faut donc vivre. Mon épouse et moi-même avons une société de services à la personne et je suis agent immobilier. Finalement, on reproduit ce qu’on a vécu et les 35 heures, nous les faisons aussi en deux jours. J’exagère. En trois. Je n’ai donc pas beaucoup de temps pour l’écriture, vous l’aurez compris.

 

Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ? Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ? Si oui, pour quelle raison ? Trouvez-vous que vous manquez de temps pour écrire ? Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?

Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

 

Oui, j’écris le matin, ou la nuit. Après quelques heures de sommeil, l’imagination se remet en marche. Et avec elle, une envie d’avancer dans mon histoire. J’ai un rituel, comme beaucoup de mes pairs. Un café, le casque sur les oreilles pour l’isolement et je démarre. Je marque parfois des pauses dans l’écriture. En général pour me permettre de rêvasser et de construire l’histoire suivante. Je cherche ce qui pourrait faire plaisir aux lecteurs. J’ai une idée que je construis, développe, tourne et retourne. Quand je suis prêt, je rédige mon plan et les enchainements de chapitres. Pour moi, c’est la partie la plus plaisante de l’écriture. La construction d’une histoire. Comment vais-je pouvoir vous surprendre ? De quel sujet ai-je envie de parler en toile de fond ? Car je considère qu’une histoire est utile si elle recèle une pensée sous-jacente. Sans me prendre pour un philosophe, hein, j’en serais bien incapable, l’idée c’est seulement de pouvoir relire l’ouvrage avec un angle différent et prendre un plaisir autre.

 

Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

Qu’est-ce que vous avez commencé par écrire ? Quand ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Faisiez-vous lire ce que vous écriviez ? Si oui, à qui ? Quels étaient les avis que vous récoltiez ? Avez-vous été encouragé, découragé ? Par qui ?

 

En 2007, j’étais un peu perdu. La crise de la quarantaine, dit-on. Je l’ai prise de plein fouet. Et avec elle, une vilaine dépression qui s’ignore ou que j’ai niée. Entre deux projets professionnels- j’étais à ce moment-là aux USA- j’ai eu trois mois pour moi et je me suis lancé dans une histoire.

Je l’ai faite lire à mes proches. Les critiques étaient encourageantes. « Ton histoire est géniale, je n’ai pas vu la fin venir. Vraiment bien, continue ! Mais tu dois encore beaucoup travailler, ton style, tes dialogues, etc. » Alors oui, au début c’est frustrant, peut-être même vexant… mais c’était vrai. Je me suis donc remis beaucoup plus tard au travail, le temps de digérer tout cela. Là aussi, entre deux projets professionnels. Charade est né. Avec lui, le besoin d’écrire s’est fait plus grand. Et aujourd’hui, l’écriture est la soupape qui me permet de garder mon équilibre mental. Je ne suis pas un psychopathe, non, non. Enfin, peut-être un peu, lol. Ce que je veux dire, c’est que l’écriture me permet de contrebalancer les excès de la vie professionnelle. Je ne la mélange pas avec ma vie personnelle qui est, elle, en belle harmonie. Mais de manière à ne pas ramener le pro à la maison et avec lui ses frustrations, l’écriture est un sas fort utile.

 

Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ? Est-ce que quand vous l’écriviez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ? Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

 

Lorsque j’écris, je ne pense pas à la publication. Mais soyons franc, je n’écris pas pour remplir les tiroirs de mon bureau. Le plaisir d’écrire - qui est certes un exercice égocentrique- est aussi et surtout (paradoxalement) une envie de partage. Enfin, je ne me vois pas écrire une histoire sans penser à celle ou celui qui la lira. La publication est donc l’aboutissement de l’écriture. Dès que j’ai considéré que je ne pourrais plus améliorer Charade de manière significative, j’ai tenté de le faire publier. Quant à savoir si c’est nécessaire ou pas, selon moi, cela dépend. Les feuillets destinés à sa propre psychothérapie ne le sont pas nécessairement. Sauf pour permettre aux lecteurs de s’identifier au récit. Un thriller, un polar n’a d’autre ambition que d’être lu. L’objectif est unique : donner du plaisir avec tous les artifices possibles. La peur, les émotions, le dégout, les frissons. La vie et son ennemi, la mort. La publication est nécessaire, importante voir impérative.

 

Quand avez-vous publié votre premier livre ? Quel était le mode d’édition ? Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

 

J’ai eu l’immense chance d’être publié par une maison d’édition. Je n’oublierai jamais que ce sont les Nouvelles Plumes qui  m’ont permis d’exister en tant qu’auteur. Le sentiment est incroyable. Lorsque vous recevez votre mail. Félicitations ! Vous allez être publié. Oui, c’est comme si le Père Noël venait en personne vous livrer vos cadeaux. Un grand moment jubilatoire. Et l’égo, ah, l’égo, il est satisfait. Très rapidement, c’est-à-dire dix minutes plus tard, vous retombez sur terre, à la lecture du contrat d’édition. Vous comprenez également au regard du tirage que vous n’êtes pas le prochain Stephen King. Mais le plaisir d’avoir son livre, son bébé, sur les rayonnages est un moment jubilatoire, extatique.

 

Qui a décidé de la présentation du livre sur les pages de couverture ?

 

Mon éditeur. Et je l’en remercie. La couverture de Charade a marqué les esprits et est reconnaissable entre toute. Simple, sobre et efficace. J’ai adoré. Et vous ?

 

Avez-vous participé à des concours littéraires ? Avez-vous reçu des prix ? Comment la participation se déroulait-elle ?

 

Oui, j’ai participé à des concours et Charade est d’ailleurs en lice pour le Balai d’or. Suspense ! Sinon Charade a fini quatrième du Prix du polar VSD, et a été très bien placé au prix des lecteurs de France Loisirs, ce qui a permis sa publication Pour la participation, il suffisait de déposer son manuscrit. Et vogue la galère… Lol.

 

À partir du moment où vous avez publié votre premier ouvrage, vous a-t-il été plus facile de publier ensuite ?

 

Alors Oui, un grand Oui. Charade a fait parler de lui et j’eu la chance d’avoir des contacts avec plusieurs grandes maisons. Le choix s’est porté vers celle qui partageait mon envie d’aller plus loin dans mes désirs de plaisir dédié au lecteur. Cyanure est un projet tourné vers le lectorat, mais j’avais besoin d’avoir un partenaire prêt à relever certains défis. Hugo Thriller l’a fait et je suis ultra-heureux d’être chez eux.

 

Où peut-on trouver vos livres ? Vos livres se trouvent-ils en librairie et savez-vous lesquelles ? À combien d’exemplaires vos livres ont-ils été tirés ? Certains ont-ils été réédités ?

 

Pour l’instant, nous allons rester au singulier, même si Cyanure sort le 21 septembre. Charade est disponible partout. Quant au chiffre précis du tirage à ce jour, je l’ignore encore.

 

Pouvez-vous me parler en quelques mots de vos livres ? Est-ce qu’ils sont d’un genre particulier ? Pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire ? Des personnages ? Est-ce que ça se passe à une époque et dans un lieu particulier ?

 

Pour moi, une histoire doit surprendre. Pas seulement dans son twist final, tant attendu par le lecteur. Je crois qu’une histoire doit aussi surprendre par sa technique d’écriture. Charade commence par une analepse. Ce qui pour un thriller est un défi de taille, croyez-moi. Ensuite, je crois qu’une histoire est utile ou bonne, si le lecteur a le moyen de la rapprocher, ou de la raccrocher à sa vie d’une manière ou d’une autre. Cela lui donne du corps, de la profondeur et du vécu. Charade est une descente au plus profond de l’âme abjecte d’un tueur sans la moindre empathie. Les personnages y gravitent avec leurs bagages, chargés par les turpitudes de la vie.

 

Est-ce que vous avez écrit ce livre pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?

 

Oui, j’avais envie de témoigner sur un certain type de personnages. Mais chut, il s’agit là de l’épilogue…

 

Vous serez présent aux Rencontres Littéraires « Les Polars du Chat » le 8 et 9 juillet au Creusot, Pouvez-vous me dire ce que vous attendez de ces rencontres ?

 

J’en attends autant de plaisir que l’année dernière. Un moment de partage, de chaleur, d’humour. Un excellent moment pour ma part. Et puis, l’échange avec les lectrices, lecteurs, c’est ce qui est le plus important, le plus exaltant. Je n’ai pas peur des mots, non, non. C’est vraiment un moment que j’affectionne particulièrement.

 

Si vous aviez quelques mots à dire aux lecteurs, pour qu’ils viennent vous rencontrer au Salon ?

 

Venez nombreuses et nombreux ! Et n’hésitez pas à demander pour les photos…

 

Merci infiniment Laurent d’avoir répondu à la curiosité du Chat ! Je vous dis à très bientôt les 8 et 9 juillet au Creusot !

 

 



Ajouté le 26/06/2017 par Le Chat - 0 réaction INTERVIEW

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