INTERVIEW de Chris Loseus

 

Bonjour Chris

Le Chat a envie de vous connaître un peu plus ! êtes-vous prêt à affronter sa curiosité ?

 

Pouvez-vous vous présenter ? Où êtes-vous né ? Où avez-vous vécu ?

Est-ce que vous pouvez me parler de votre enfance ? (Les parents, les frères et sœurs…)

Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ? Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? Quels sont les auteurs que vous aimiez ? Et maintenant ?

Et oui je veux tout savoir !

 

Oh oh… C’est beaucoup de questions ça en une seule. Eh bien, Chris Loseus, je suis né à Lyon le 26 aout 1971. J’ai vécu dans différents lieux, pays… Mais mon cœur est en montagne… Je m’y suis posé, en suis parti et y suis revenu avec ma femme et mes enfants. Je me sens bien là, entouré par les sommets et les saisons bien marquées.

Mon enfance ? Heureuse ! Beaucoup d’imaginaire déjà. J’écrivais des histoires que je vendais dans la cour de récré. Je n’étais pas le gamin qui joue au foot dans la cour, mais plutôt celui qui s’invente des histoires, dans sa bulle. J’étais assez introverti, c’est le sport heureusement qui m’a ouvert aux autres. Il y avait toujours des livres à la maison, l’amour des mots. Mon papa écrivait. Il a reçu le prix Gnafron ;-) il y a déjà bien longtemps. J’aimais la bibliothèque du village, l’odeur des livres… Je lisais des bibliothèques vertes, le club des cinq, les six compagnons… et puis très vite Pagnol, puis King, vers mes quinze ans. Et maintenant, King toujours, mais aussi Dan Simmon, Signol, Vian, Barjavel… très varié, mais celui qui me bluffe sur son œuvre, même si elle est inégale, c’est Stephen King. Il a cette patte, cette capacité à rendre ses personnages tellement vivants et humains, avec leurs forces et leurs failles…


En dehors de votre activité d’écrivain, est-ce que vous avez un travail en plus de celui-ci ? Quelle est votre profession ? Avez-vous eu d’autres activités professionnelles ?

Est-ce que l’emploi que vous occupez vous laisse du temps pour l’écriture ?

 

J’ai plusieurs activités, mais beaucoup de chance parce que je suis libre. J’ai une société dans l’architecture d’intérieure, j’enseigne le ski quelques semaines dans l’hiver au gré de mes envies, et j’écris… En fait, tout est dit dans Chatsworth Creek finalement, ;-). C’est parfois beaucoup. Les journées peuvent être longues… très longues… mais chacune de mes activités me passionne  et ça n’a pas de prix.

Finalement ma vie professionnelle s’est découpée en trois phases, j’ai skié à temps plein dix mois par an en écrivant et changeant de lieux pendant plus de dix ans. J’ai été Sales manager une dizaine d’années, beaucoup de voyages sur des pays et continents différents, de belles rencontres, et des images plein les yeux, puis dirigé une société dans la robotique, avant de me recentrer sur ce que j’aime faire, vraiment, revenir à l’essentiel, laisser de la place à l’écriture et me rapprocher de ma famille. Je vous l’ai dit. Tout est dans Chatsworth Creek.


Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ? Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ? Si oui, pour quelle raison ? Trouvez-vous que vous manquez de temps pour écrire ? Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?

Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

 

Précis, non. Mais tous les jours, et la journée. Longtemps sans écrire oui. Les dix années à voyager… pas de temps, l’esprit trop occupé…

Je ne manque pas de temps pour écrire, globalement j’ai beaucoup de chance.

Ah, où est-ce que j’écris ? Dans mon bureau, un lieu qui m’est vraiment cher. Il est isolé, en haut de la maison, tout au fond… loin de tout. J’y ai installé un canapé, une table basse, des livres… c’est mon univers.

L’écriture t’emporte… Lorsque je suis en phase d’écriture, je suis complètement déconnecté… les personnages me guident, je me laisse entrainer… C’est un état de transe !


Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

Qu’est-ce que vous avez commencé par écrire ? Quand ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Faisiez-vous lire ce que vous écriviez ? Si oui, à qui ? Quels étaient les avis que vous récoltiez ? Avez-vous été encouragé, découragé ? Par qui ?

 

Je me revois, écrire ma première nouvelle. J’étais dans l’atelier de mon papa, dans son bureau. Il travaillait sur des monotypes… et il y avait ces vapeurs de plombs. J’avais écrit une histoire qui se passait dans cet atelier, il y avait du mystère dans ce lieu. C’était un atelier dans une cour, j’aimais cette atmosphère… et il se passait des choses étranges… suggérées au départ… Je ne me souviens plus précisément, mais je devais avoir sept ans… Et ça ne m’a jamais quitté. Mes parents me lisaient oui… Et je ne sais pas ce qui m’a donné envie d’écrire… C’était là… c’était… Normal !

Encouragé oui. Et quelle chance ! Le ski à l’époque m’a fait faire de belles rencontres. C’est Antoine Gallimard qui m’a encouragé… Il trouvait mon écriture très cinématographique. Quant à ceux qui m’ont découragé eh bien… j’ai dû oublier… Ça a été vrai pour le ski aussi et pour bien des choses entreprises dans ma vie. J’ai appris une chose, fais ce que tu sens, va au bout, travail et travail encore… Tu n’y arriveras peut-être pas, mais ta vie sera passionnante et tu n’auras pas de regrets.


Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ? Est-ce que quand vous l’écriviez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ? Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

 

J’avais dix-neuf ans lorsque j’ai terminé mon premier roman. Je l’ai envoyé à différentes maisons d’édition… Une bonne vingtaine. Et les refus standards sont arrivés. Ça ne m’a pas bloqué, j’ai continué à écrire, je ne pensais plus à l’édition… Et puis dix ans plus tard, grâce au ski, les rencontres se sont faites. Antoine Gallimard, mais d’autres aussi. Tous m’ont encouragés. Je me souviens de Serge Eyrolles, à l’époque président du syndicat de l’édition qui m’avait dit, tu sais écrire, bénédiction, malédiction, l’avenir nous le dira. Le livre c’est un marché, il faut correspondre aux tendances… Donc toujours pas de livre édité. C’est seulement une dizaine d’années plus tard, alors que je changeais de vie, qu’un éditeur est venu me chercher. Le hasard… On s’était rencontré des années plus tôt. Et en se recroisant lors de ce changement de vie, il me demande où j’en suis et me dis je t’édite… C’était Nouvelle ère aux éditions de la Malmaison, mon premier roman édité. Un peu plus tard j’ai rencontré Jacques Vandroux, on a pas mal échangé. J’ai vu ce qu’il faisait, ce que proposait Amazon. Et je suis devenu indépendant. Ma maison d’édition était petite, peu diffusée, Amazon m’offrait une plus grande ouverture. Je suis resté en très bon terme avec mon éditeur c’est devenu un ami, son métier est difficile. J’aimerais aujourd’hui rejoindre une grande maison, être moins seul. Mais l’aventure est déjà très belle. Des dizaines de milliers de lecteurs me suivent, je ne suis plus seul.

 

Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

 

Une sensation forte. Tu prends ton livre, le regardes, et penses à tout le chemin parcouru. Et en même temps tu sais que ça n’est que le début. Mais comme dit plus haut, tu n’es plus seul.

 

Qui a décidé de la présentation du livre sur les pages de couverture ?

 

Maintenant c’est moi.


Avez-vous participé à des concours littéraires ?

 

Non, aucune participation.

 

À partir du moment où vous avez publié votre premier ouvrage, vous a-t-il été plus facile de publier ensuite ?

 

Question difficile. J’ai fait les choses à l’envers. Édité puis indépendant. Je pourrai vous répondre dans quelque temps… en essayant de revenir à l’édition classique, mais dans une grande maison, mais je sais que c’est difficile... Très !


Pour ceux et celles qui ont fait l’expérience de l’auto-édition : comment avez-vous diffusé l’ouvrage ? Où l’avez-vous diffusé ? Pourquoi avez-vous publié en auto-édition ?

 

Avec une exclusivité sur Amazon en papier et numérique. Et pourquoi avoir quitté l’édition traditionnelle ? Eh bien pour les raisons évoquées précédemment, un diffuseur trop faible.


Où peut-on trouver vos livres ? Vos livres se trouvent-ils en librairie et savez-vous lesquelles ? À combien d’exemplaires vos livres ont-ils été tirés ? Certains ont-ils été réédités ?

 

Uniquement sur Amazon. Et malheureusement non, pas en librairie. Plus de trente mille copies ont été vendues. Bill dangereuse innocence est sorti il y a soixante jours et au moment où je vous parle il s’est vendu à 6000 exemplaires ebook et versions papiers confondus. C’est un beau démarrage pour moi. Je ne vais pas dire que ça n’a pas d’importance, ce serait faux évidemment, mais plus de vingt-trois ans sont passés entre l’écriture de mon premier roman et l’édition… Entre-temps j’ai continué à écrire, alors oui ça me donne le sourire, mais, quel que soit le futur rien ne changera. J’écris, c’est comme ça, c’est là, en moi. Ça l’a toujours été. Je n’ai aucune prétention, surement pas celle de sortir du lot, mais j’aime raconter des histoires, j’aime la musicalité d’une phrase, l’atmosphère…

 

Pouvez-vous me parler en quelques mots de vos livres ? Est-ce qu’ils sont d’un genre particulier ? Pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire ? Des personnages ? Est-ce que ça se passe à une époque et dans un lieu particulier ?

 

Mes livres traitent de sujets qui me sont chers… 3600 Prospect avenue, c’est la dualité entre le bien et le mal. Nouvelle ère, le pouvoir et ce qu’il peut faire de nous. Chatsworth Creek, ce que nous ne voyons plus, ce qui est important. Jenna, le succès, la réussite et ce que nous sommes prêts à faire pour l’obtenir. Bill, l’enfance et l’influence qu’elle a sur notre parcours. Chacun de ces thèmes est romancé sous forme de thriller. J’aime le mystère, l’atmosphère, les personnages et le fait qu’ils ne soient pas tout blancs ou tout noirs, comme dans la vraie vie finalement.

 

Est-ce que vous avez écrit ce livre pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?

 

Globalement je ne sais jamais où je vais en démarrant une histoire. Il y a un personnage, une scène… Il me prend la main et je me laisse emporter.

 

Vous serez présent aux Rencontres littéraires « Les Polars du Chat » le 9 juillet au Creusot, pouvez-vous me dire ce que vous attendez de ces rencontres ?

 

Merci de cette invitation. Je suis heureux vraiment, de participer à cet événement. Et puis il y a d’autres auteurs, certains que je connais déjà. C’est toujours un plaisir de se retrouver, d’échanger sur les parcours, les méthodes…

En fait c’est un tout… Une fête en compagnie d’amoureux du livre, auteurs ou lecteurs… Je me fais une joie de pouvoir rencontrer des lecteurs. Nous échangeons pas mal sur les réseaux sociaux, mais je suis de la vieille école, j’aime le réel. Chacune des rencontres avec mes lecteurs est un moment privilégié.

 

Si vous aviez quelques mots à dire aux lecteurs, pour qu’ils viennent vous rencontrer au Salon ?

 

Vous me mettez mal à l’aise là… Eh bien… Je crois que s’ils veulent me rencontrer ils le feront… Je ne veux surtout pas dire, hey, passez me voir… Il faut que ce soit simplement une envie, et là, le plaisir sera partagé.

 

Merci infiniment Chris d’avoir répondu à la curiosité du Chat ! Je vous dis à très bientôt les 8 et 9 juillet au Creusot !

 

 



Ajouté le 27/06/2017 par Le Chat - 0 réaction INTERVIEW

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