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Bonjour Solène
Le Chat a envie de vous connaître un peu plus ! êtes-vous prête à affronter sa curiosité ?
Pouvez-vous vous présenter ? Où êtes-vous né(e) ? Où avez-vous vécu ?
Est-ce que vous pouvez me parler de votre enfance ? (Les parents, les frères et sœurs…)
Quelle place la lecture occupait-elle chez vos parents ? Y avait-il des livres, des journaux, des revues ? Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent(e) ? Quels sont les auteurs que vous aimiez ? Et maintenant ?
Et oui je veux tout savoir !
Je m’appelle Solène Bakowski. Bakowski est mon nom d’épouse. Je suis donc mariée (à un homme formidable) et je suis maman d’une petite fille qui ne va pas tarder à fêter ses 9 ans. Nous habitons à Paris. D’ailleurs, j’y suis née et je ne suis pas certaine de quitter un jour cette ville que j’aime très fort. Mon père est décédé lorsque j’avais 11 ans. J’ai vécu avec ma mère, son ami, et ma demi-sœur, avec laquelle j’ai 9 ans d’écart. Ce qui est énorme et ne facilite pas les souvenirs en commun.
Chez moi, on lisait peu. Il paraît que mon père, quand il était jeune, lisait énormément. Je ne me souviens pas l’avoir déjà lu avec un livre à la main. Dans notre appartement, il y avait assez peu de livres. De mon côté, j’ai développé un goût féroce pour la lecture dès l’âge de 7 ans, en même temps qu’un penchant prononcé pour l’écriture. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours écrit : des poèmes, des pièces de théâtre que je faisais jouer devant toute la classe à mes camarades, des articles pour des journaux scolaires.
À l’adolescence, je me suis mise à dévorer les romans des auteurs classiques. J’adorais Zola, Balzac, Victor Hugo, Georges Sand. Je me rappelle avoir été soufflée à 13 ans par Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde.
Lentement, je suis allée vers des auteurs plus modernes ou contemporains, Albert Camus, Céline, Annie Ernaux, Nancy Huston, Amin Maalouf, Italo Calvino… Mon professeur de lettres au lycée m’a ouvert –sans le savoir peut-être- un horizon incroyable en me donnant à voir toute la diversité de la littérature, en dehors parfois des lectures imposées dans le système scolaire qui arrivent souvent bien trop tôt…
Aujourd’hui, je lis de tout, du polar, de la littérature générale, du suspense horrifique, du feel-good. De tout, pourvu que quelque chose m’embarque. Mais je dois dire que j’éprouve quelque chose de particulier lorsque je lis la langue d’Antoine de Saint Exupéry, ou même d’Hervé Bazin que je ne découvre que maintenant.
En dehors de votre activité d’écrivain, est-ce que vous avez un travail en plus de celui-ci ? Quelle est votre profession ? Avez-vous eu d’autres activités professionnelles ?
Est-ce que l’emploi que vous occupez vous laisse du temps pour l’écriture ?
Cette année, je me consacre uniquement à mes activités d’écriture. C’est un réel cadeau et je mesure chaque jour la chance qui est la mienne. Auparavant, je travaillais dans une association qui s’occupait de réfléchir à l’amélioration de notre système éducatif. Et, encore avant, j’étais professeur des écoles. Mais je n’ai pas tenu longtemps, c’est un métier qui exige tellement !
Lorsque je travaillais, j’écrivais beaucoup dans les transports en commun, sur un carnet, avec mon critérium. Je mettais mon casque, j’allumais mon lecteur MP3 et c’était parti pour une séance d’écriture d’une heure tous les matins. Je profitais ensuite de mon week-end pour remettre tout ça au propre.
À présent, la donne a changé. J’écris tous les matins, de 9h à 13h en général. Toute ma vie tourne aujourd’hui autour de l’écriture.
Y a-t-il des moments précis où vous écrivez ? Écrivez-vous régulièrement ou pas vraiment ? Vous est-il déjà arrivé de rester longtemps sans écrire ? Si oui, pour quelle raison ? Trouvez-vous que vous manquez de temps pour écrire ? Où écrivez-vous ? Avez-vous un espace pour écrire ?
Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?
J’écris tous les jours, week-end et vacances compris. Si jamais je dois faire une pause, je me sens mal assez vite. C’est étrange à dire mais c’est comme si j’avais besoin de ma dose quotidienne pour me sentir bien. Lorsque j’écris, je me sens un peu sous hypnose, c’est assez grisant, et, en même temps, parfois inquiétant. Il y a des moments où j’ai la sensation de ne plus m’appartenir vraiment, comme si les personnages prenaient possession de moi. Je ressens tout à leur place. Ainsi, il peut m’arriver de pleurer en écrivant. Il paraît même qu’une fois, j’ai eu le souffle très court, comme pendant une course. C’est mon mari qui travaille à côté de moi qui me l’a dit. Il m’a interrompue, m’a demandé si tout allait bien. J’étais en train de décrire une scène où mon personnage était en proie aux flammes.
J’écris à mon bureau, dans ma chambre. C’est un espace où je me sens bien, qui me rassure.
Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?
Qu’est-ce que vous avez commencé par écrire ? Quand ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Faisiez-vous lire ce que vous écriviez ? Si oui, à qui ? Quels étaient les avis que vous récoltiez ? Avez-vous été encouragé(e), découragé(e) ? Par qui ?
Très honnêtement, je ne sais pas comment l’écriture m’est venue. C’est naturel, depuis si longtemps. En revanche, l’ambition d’écrire des romans est arrivée à l’âge adulte, 26 ans je crois. Mais j’écrivais dans mon coin, j’avais honte et très peur de faire lire mes écrits.
J’ai fini par faire lire mon roman à mon mari. À la fin, il avait les larmes aux yeux. J’ai senti qu’il se passait quelque chose. Depuis, je n’ai plus arrêté.
Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ? Est-ce que quand vous l’écriviez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ? Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?
Dès l’instant où j’ai fait lire mon texte, il était devenu évident que je devais entamer les démarches pour qu’il existe en dehors de mon cercle d’amis.
Pour moi, la publication allait de soi. Je voulais que mon texte vive. Est-ce pour autant une étape nécessaire ? Je ne le crois pas, pas pour tout le monde en tout cas, cela dépend de ce qu’on recherche.
Quand avez-vous publié votre premier livre ? Quel était le mode d’édition (éditeur et lequel, ou autoédition) ? Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?
Mon premier roman publié n’est pas le premier que j’ai écrit.
Parfois on tombe est en fait mon deuxième manuscrit. Il a été rapidement accepté par une maison d’édition suisse. Bien sûr, j’étais très heureuse et, dès sa sortie, j’ai fait le tour des Fnac, appareil photo à la main, pour immortaliser la présence de mon roman sur les étals. J’étais fière mais j’ai vite senti que, contrairement à ce qu’on pense, la publication en librairie n’est pas l’aboutissement, mais plus le point de départ d’une aventure parfois compliquée.
Pour Un sac, les choses se sont passées différemment. J’ai décidé de l’autoéditer sur Amazon car personne ne semblait croire en ce texte. Bien m’en a pris, puisqu’au bout de plusieurs mois, il avait réuni plus de 15 000 lecteurs. Ce sont eux qui ont porté cette histoire jusqu’à mon éditrice actuelle, chez Bragelonne/Milady. Je leur en suis tellement reconnaissante !
Qui a décidé de la présentation du livre sur les pages de couverture ?
La couverture d’Un sac était celle – police mise à part – de la version autoéditée. Quant à la présentation intérieur du livre, c’est bien sûr l’éditeur qui est à la manœuvre, en fonction de sa charte graphique et de ses habitudes.
Avez-vous participé à des concours littéraires ? Avez-vous reçu des prix ? Comment la participation se déroulait-elle ?
Parfois on tombe a reçu le Prix de la Chapelle Montreuil en 2015. C’est un petit village qui se situe près de Poitiers. J’ai pu me rendre compte de l’énergie folle qui se dégage de l’équipe de la bibliothèque municipale et de la municipalité en générale pour que vive la littérature. J’ai été accueillie là-bas comme une reine, je dois dire que j’avais été énormément touchée.
Un sac a reçu le Prix spécial de l’Autoédition d’Amazon, en octobre 2015. Je pense que ce prix est le point de départ de beaucoup de choses qui m’arrivent aujourd’hui.
Enfin, j’ai participé à un concours de nouvelles l’an dernier organisé par MonBestseller. C’était un exercice délicat, je n’avais jamais écrit de nouvelles auparavant. Mais finalement, les contraintes de format et de thème se sont avérées extrêmement intéressantes. Ma nouvelle, Drapeau, a eu la chance de recevoir le 1er prix ex-aequo de ce concours.
À partir du moment où vous avez publié votre premier ouvrage, vous a-t-il été plus facile de publier ensuite ?
Non, pas vraiment. Mon premier roman, Parfois on tombe, n’a pas marché. Je me suis donc assez rapidement retrouvée sans éditeur. Tout était à recommencer. J’ai donc choisi la voie de l’autoédition pour Un sac. Je ne regrette rien, si c’était à refaire, je recommencerais la même chose. Je suis très heureuse de ce parcours.
Pour ceux et celles qui ont fait l’expérience de l’auto-édition : comment avez-vous diffusé l’ouvrage ? Où l’avez-vous diffusé ?
J’ai diffusé mon roman sur Amazon exclusivement. Il me semblait à ce moment-là que cette plateforme offrait le plus de visibilité aux romans autoédités.
Où peut-on trouver vos livres ? Vos livres se trouvent-ils en librairie et savez-vous lesquelles ? À combien d’exemplaires vos livres ont-ils été tirés ? Certains ont-ils été réédités ?
Parfois on tombe, sorti en 2014, est toujours disponible en librairie, sur commande.
Un sac est sorti en poche en janvier 2017. En revanche, je ne sais pas à combien d’exemplaires il a été tiré. Je suis plutôt nulle en chiffres.
Pouvez-vous me parler en quelques mots de vos livres ? Est-ce qu’ils sont d’un genre particulier ? Pouvez-vous dire quelques mots du thème ou de l’histoire ? Des personnages ? Est-ce que ça se passe à une époque et dans un lieu particulier ?
Parfois on tombe est un roman initiatique. Il met en scène la descente aux enfers d’une femme ordinaire et, surtout, sa reconstruction. C’est un livre sur la rédemption. Et sur le voyage aussi, puisqu’une partie de l’histoire se déroule en Chine, pays que j’affectionne particulièrement et dans lequel j’ai habité il y a quelques années. De tous mes romans, celui-ci est sans doute le plus poretur d’espoir.
Un sac est un roman beaucoup plus sombre. Il raconte l’histoire d’une « petite » tueuse en série qui ne rêve, au fond, que d’amour et de normalité. À première vue, elle est monstrueuse. Mais si on gratte, on réalise que les gens qui l’entourent sont bien plus monstrueux qu’elle. C’est l’histoire d’un amour qui se déforme et d’une enfant malade d’être ce qu’elle est. En fond, il y a Paris.
Chaînes, qui n’est sorti qu’en autoédition, est encore différent. Il s’agit a priori d’un roman fantastique où une jeune femme, fascinée par la mort depuis toujours, va se découvrir un étrange pouvoir : celui de revivre les souvenirs des défunts. Elle va donc suivre Pascal, et son destin ordinairement cruel. C’est un livre mélancolique. C’est sans doute, des tous, le plus personnel.
Enfin, il y a Une bonne intention qui sortira d’ici quelques jours en numérique en autoédition avant de sortir en librairie au début 2018. Là, je n’en dis pas plus, surprise J
Est-ce que vous avez écrit ces livres pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?
Non, pas vraiment. Je ne témoigne pas, je créé des histoires qui me parlent et des destins qui m’interpellent.
Vous serez présente au Rencontres Littéraires « Les Polars du Chat » le 8 et 9 juillet au Creusot, Pouvez-vous me dire ce que vous attendez de ces rencontres ?
Tout d’abord, je suis vraiment ravie d’être parmi vous cette année, merci beaucoup pour cette invitation ! J’en attends des rencontres, des échanges, des découvertes et pas mal de bons moments !
Si vous aviez quelques mots à dire aux lecteurs, pour qu’ils viennent vous rencontrer au Salon ?
Vous devriez passer, je prendrai du chocolat avec moi J
Merci infiniment Solène d’avoir répondu à la curiosité du Chat ! Je vous dis à très bientôt les 8 et 9 juillet au Creusot !
Ajouté le 18/06/2017 par Le Chat - INTERVIEW

